Premier rendez-vous avec un CGP : quoi préparer
Ceci n'est pas un conseil en investissement. Les informations présentées sont à titre informatif uniquement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Vous hésitez à contacter un conseiller en gestion de patrimoine parce que vous ne savez pas « par où commencer ». C’est fréquent, mais pas de panique : le premier rendez-vous n’est pas un examen. C’est surtout un moment pour poser votre situation, vos objectifs et les contraintes que vous avez. À partir de là, le conseiller pourra vous dire si un accompagnement dans la durée vous apporterait plus de clarté qu’une série de décisions prises au coup par coup. Voyons ensemble à quoi sert cet échange, comment il se déroule, ce qu’il est utile d’apporter et les vérifications à faire avant d’aller plus loin.
À quoi sert ce premier échange ?
Ce premier rendez-vous a un double objectif : il vous aide à y voir plus clair, et il permet au conseiller de comprendre qui vous êtes.
Pour vous, il s’agit d’abord de clarifier votre situation patrimoniale : connaitre vos revenus, vos dettes et vos placements, mais aussi mettre des mots sur vos projets et sur l’horizon auquel vous les envisagez. Vous repartez avec une première vision extérieure de votre situation et avec un ou plusieurs objectifs non contradictoires, sur lesquels vous vous êtes alignés avec le conseiller.
Pour le CGP, l’enjeu est de comprendre votre cadre de vie et vos priorités, afin de juger si un accompagnement a du sens et sous quelle forme. Son métier ne se limite pas à proposer un placement : il consiste à bâtir une stratégie d’ensemble. Lorsqu’il est correctement habilité, il regarde comment s’articulent vos revenus, votre fiscalité, la protection de votre famille, la préparation de votre retraite et la transmission de votre patrimoine, plutôt que chaque sujet isolément. C’est cette vision globale qui distingue le conseil patrimonial d’une simple recommandation de produit.
Comment se déroule le premier rendez-vous
Concrètement, l’échange suit souvent la même trame, du général vers le particulier.
Le conseiller commence par un tour d’horizon de votre situation familiale, professionnelle et patrimoniale. Il vous interroge ensuite sur vos objectifs de vie à 1, 5 et 10 ans, qu’il s’agisse d’acheter votre résidence principale, de financer les études des enfants, de préparer votre retraite, de protéger votre conjoint ou d’anticiper une transmission. Il reformule, pose des questions et identifie avec vous les sujets prioritaires. Ce travail constitue la première pierre du bilan patrimonial, une photographie complète de votre situation qui sert de base à toute recommandation.
Il vous explique ensuite comment il travaille : sa méthode, sa rémunération, les prochaines étapes et ce qu’il peut, ou ne peut pas, faire pour vous. Un bon conseiller précise aussi comment il assure le suivi dans le temps, car une stratégie patrimoniale évolue au rythme de votre vie, d’une naissance à un changement de poste en passant par un héritage ou le départ à la retraite. Il vous indique enfin comment il collabore avec les autres professionnels qui vous entourent. Le notaire intervient pour les actes comme une donation, une succession ou un contrat de mariage, l’expert-comptable pour la partie professionnelle si vous êtes chef d’entreprise ou indépendant, et le CGP fait le lien entre ces expertises pour que vos décisions restent cohérentes entre elles. Pour mieux comprendre ce partage des rôles, voir qui fait quoi entre CGP, banquier, notaire ou avocat.
Vous êtes libre de suivre ou non ses conseils. Un premier rendez-vous utile se termine souvent par une première synthèse de votre situation et par une proposition de méthode pour la suite.
Les documents utiles à apporter
Maintenant que le déroulé est clair, reste la question pratique de la préparation. Vous n’avez pas besoin d’un classeur impeccable : une photo honnête de votre situation suffit pour un premier échange utile.
Commencez par une estimation de vos revenus et de vos charges mensuelles, puis listez vos placements avec des montants approximatifs, qu’il s’agisse de livrets, d’un PEA, d’une assurance-vie ou d’épargne salariale. Ajoutez vos crédits en cours et leurs échéances, ainsi que les éléments de votre situation familiale : mariage ou Pacs, enfants, régime matrimonial si vous le connaissez. Si vous êtes propriétaire ou si vous dirigez une entreprise, une idée de la valeur de ces biens aidera le conseiller à mesurer le poids de chacun dans votre patrimoine.
Si vous avez un projet proche, comme un achat, une donation ou un changement de travail, notez la date cible et le montant envisagé. Le conseiller pourra alors distinguer ce qui relève de la liquidité immédiate et ce qui peut rester investi plus longtemps, une question que l’on retrouve souvent dans le débat Livret A ou ETF.
Les questions à poser pendant l’entretien
Une fois votre situation posée, c’est à votre tour d’interroger le conseiller. L’AMF insiste sur un point simple : avant de vous engager, vous devez comprendre comment le conseil est rémunéré et ce que vous signez.
Demandez-lui d’abord comment il est rémunéré, par des honoraires, par des commissions ou par un mélange des deux. Cette information vous aide à comprendre son modèle et à lire ses recommandations en connaissance de cause. Interrogez-le ensuite sur sa démarche : comment il construit le bilan patrimonial, à quel rythme il fait le point avec ses clients et avec quels autres professionnels il a l’habitude de travailler.
Si des solutions de placement sont évoquées, posez les questions de bon sens. Quels frais s’appliquent à l’entrée, chaque année et à la sortie ? Le capital peut-il baisser ? Quelle durée de placement est conseillée, et que se passe-t-il si vous avez besoin de l’argent avant ? Le conseiller doit aussi vous remettre les documents d’information obligatoires, comme le document d’informations clés pour certains placements collectifs.
Ce qu’il faut vérifier : habilitations ORIAS et AMF
Avant de partager des documents sensibles, prenez enfin cinq minutes pour vérifier l’autorisation de votre interlocuteur. Un professionnel qui conseille sur des instruments financiers relève souvent du statut de conseiller en investissements financiers (CIF). L’AMF rappelle qu’un CIF doit être inscrit à l’ORIAS et adhérer à une association agréée.
Sur orias.fr, recherchez le nom de la personne ou de la société et contrôlez la mention « INSCRIT » pour les activités concernées, qu’il s’agisse de conseil en investissements financiers, d’assurance ou de crédit. Complétez cette vérification avec les listes noires et mises en garde de l’AMF.
Méfiez-vous des promesses de rendement élevé sans risque, des urgences artificielles ou des demandes de virement vers un compte personnel. Un CIF ne doit pas recueillir vos fonds. Si quelque chose sonne faux, arrêtez-vous et contactez AMF Épargne Info Service. Pour aller plus loin, voir aussi comment choisir un bon conseiller en gestion de patrimoine.
Ce qu’il faut retenir
Le premier rendez-vous avec un CGP n’a pas vocation à tout décider en une heure. Il pose les bases d’une relation de conseil : un premier bilan de votre situation, des objectifs de vie clarifiés et une méthode pour construire puis suivre une stratégie d’ensemble, en lien avec votre notaire ou votre expert-comptable si besoin. Venez avec une vue simple de votre patrimoine, posez vos questions sur la méthode et la rémunération, puis vérifiez l’ORIAS et les alertes AMF avant d’aller plus loin. Si vous cherchez un professionnel vérifié pour démarrer, vous pouvez utiliser la plateforme de mise en relation.
