Placements financiers : la flat tax passe à 31,4 % en 2026
Ceci n'est pas un conseil en investissement. Les informations présentées sont à titre informatif uniquement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Une hausse qui touche les placements financiers
Le 9 décembre 2025, l'Assemblée nationale a adopté le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. Cette nouvelle législation modifie en profondeur la fiscalité des revenus du capital en France. Dividendes, plus-values sur actions, PEA, cryptomonnaies, livrets bancaires : de nombreux placements financiers sont concernés.
La contribution sociale généralisée (CSG) appliquée aux revenus du patrimoine passe de 9,2 % à 10,6 %. Cette évolution fait grimper la flat tax, qui combine impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, de 30 % à 31,4 %. Concrètement, pour chaque euro de plus-value réalisée sur vos placements financiers, vous devrez désormais reverser 1,4 centime supplémentaire à l'État.
Quels placements sont touchés par cette réforme ?
La hausse de la CSG ne s'applique pas uniformément à tous les produits d'épargne. Le législateur a fait des choix précis pour cibler certains placements tout en en épargnant d'autres. Les cryptomonnaies figurent dans la liste des produits financiers impactés, aux côtés des dividendes, des intérêts obligataires et des plus-values sur valeurs mobilières.
En revanche, plusieurs placements échappent à cette mesure, comme le détaille le tableau ci-dessous. Cette différence de traitement reflète une volonté gouvernementale de ne pas pénaliser l'investissement immobilier et l'assurance-vie de long terme
| Placements concernés (CSG à 10,6 %) | Placements épargnés (CSG à 9,2 %) |
| Cryptomonnaies | Plus-values immobilières |
| Dividendes | Assurance-vie |
| Intérêts et coupons obligataires | Revenus locatifs |
| Comptes-titres ordinaires | PEL et CEL |
| Plans d'épargne en actions (PEA) | Plans d'épargne populaires (PEP) |
| Livrets bancaires classiques et comptes à terme | Livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, Livret jeune) |
Comment fonctionne la flat tax sur les placements financiers ?
Pour bien comprendre l'impact de cette réforme, il convient de rappeler le mécanisme de taxation de ces revenus. En France, les plus-values et revenus de placements financiers sont soumis à la flat tax, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU).
Ce système combine deux composantes : l'impôt sur le revenu à 12,8 % et les prélèvements sociaux. Jusqu'en 2025, ces prélèvements sociaux s'élevaient à 17,2 %, aboutissant à un taux global de 30 %. Avec la hausse de la CSG de 9,2 % à 10,6 % (+1,4 point), la part des prélèvements sociaux grimpe à 18,6 %, portant le taux global à 31,4 %.
Les contribuables peuvent également opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu au lieu de la flat tax. Pour comparer l'impact des deux options sur vos revenus de placements, vous pouvez utiliser notre simulateur PFU vs Barème, qui sera mis à jour avec les nouveaux taux 2026.
Une particularité du régime fiscal français mérite d'être soulignée : les cessions de titres inférieures à 305 euros par an restent totalement exonérées d'impôt. Ce seuil permet aux détenteurs occasionnels de réaliser de petites opérations sans formalité fiscale.
Quel calendrier pour l'entrée en vigueur ?
Le texte adopté par l'Assemblée nationale le 9 décembre 2025 doit encore franchir une dernière étape. Il retourne au Sénat, qui s'était déjà opposé à plusieurs dispositions lors de l'examen initial. L'Assemblée nationale aura toutefois le dernier mot en cas de désaccord persistant.
L'adoption définitive est attendue avant la fin décembre 2025, pour une application dès le 1er janvier 2026. Cette mesure devrait rapporter environ 1,5 milliard d'euros par an aux finances publiques, une somme inférieure aux 2,8 milliards initialement visés en raison des exclusions accordées à l'immobilier et à l'assurance-vie.
Pour les investisseurs, le changement interviendra donc au tournant de l'année. Les plus-values réalisées en 2025 resteront taxées à 30 %, tandis que celles constatées à partir du 1er janvier 2026 seront soumises au nouveau taux de 31,4 %.
Sources :
- Assemblée nationale - Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026
- Sénat - Financement de la sécurité sociale pour 2026
- Ministère de l'Économie - Le régime fiscal des cryptomonnaies
- Ministère de l'Économie - Comment fonctionne le prélèvement forfaitaire unique
- impots.gouv.fr - J'ai réalisé une plus-value mobilière, comment est-elle imposée ?



