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Devenir CGP indépendant : étapes, ORIAS et premiers clients

Publié le 29 juillet 2026
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Ceci n'est pas un conseil en investissement. Les informations présentées sont à titre informatif uniquement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Devenir conseiller en gestion de patrimoine indépendant ne consiste pas simplement à créer une entreprise. Avant de choisir une structure ou une formation, il faut définir précisément les services que vous souhaitez proposer.

Le terme « CGP » ne désigne pas un statut réglementaire unique. Selon son offre, un professionnel peut relever du statut de conseiller en investissements financiers (CIF), d’intermédiaire en assurance (IAS) ou d’intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP). Il ne doit cumuler que les habilitations nécessaires à son activité.

⚖️Le mot « indépendant » peut décrire l’organisation commerciale d’un cabinet, mais le « conseil en investissement indépendant » répond à des conditions réglementaires précises. Un CIF doit indiquer au client si son conseil est fourni de manière indépendante ou non indépendante.

Qu’est-ce qu’un CGP indépendant ?

Un conseiller en gestion de patrimoine accompagne ses clients dans l’organisation de leur patrimoine : épargne, retraite, assurance-vie, immobilier, financement ou transmission. Le périmètre exact dépend de ses compétences et de ses habilitations.

Selon son activité, il peut avoir besoin d’un ou plusieurs statuts :

  • CIF, conseiller en investissements financiers : pour certains conseils personnalisés portant notamment sur des instruments financiers.
  • IAS, intermédiaire en assurance : pour présenter, proposer ou aider à conclure des contrats d’assurance, notamment d’assurance-vie.
  • IOBSP, intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement : pour l’intermédiation en crédit ou dans certains services bancaires.
  • Carte professionnelle immobilière : pour réaliser certaines opérations relevant de la transaction immobilière.

La compétence juridique appropriée, ou CJA, ne constitue pas un statut professionnel autonome. Elle permet, sous certaines conditions, de donner des consultations juridiques directement liées à l’activité principale et de rédiger les actes nécessaires à cette activité.

Un CGP n’a donc pas besoin de cumuler systématiquement CIF, IAS et IOBSP. La première étape consiste à décrire précisément chaque service envisagé, puis à identifier le statut correspondant.

Peut-on devenir CGP sans diplôme ?

Oui, selon le statut visé et le parcours du candidat. Les conditions de capacité ne se résument toutefois pas à la possession de n’importe quel Bac+3.

Capacité professionnelle pour devenir CIF

La capacité professionnelle CIF peut notamment être justifiée par :

  • un diplôme recevable et adapté aux activités de conseil.
  • une formation professionnelle CIF d’au moins 150 heures.
  • une expérience professionnelle adaptée répondant aux conditions réglementaires.

La recevabilité d’un diplôme dépend de son niveau, de sa spécialité et de son enregistrement. L’intitulé « gestion de patrimoine », « droit » ou « finance » ne suffit pas à lui seul : il faut vérifier le diplôme exact dans les documents ORIAS et le Répertoire national des certifications professionnelles.

Depuis 2020, les personnes concernées doivent également réussir l’examen AMF. Cet examen constitue une exigence distincte de la formation professionnelle de 150 heures, même si certains organismes préparent aux deux.

Capacité professionnelle IAS et IOBSP

Les exigences varient selon la catégorie d’intermédiaire et le mode d’exercice. Pour un courtier indépendant soumis au niveau I, la capacité peut notamment être obtenue par une formation de 150 heures, un diplôme recevable ou une expérience adaptée. La durée d’expérience exigée dépend de la fonction exercée : elle ne peut pas être résumée par une règle générale de « un ou deux ans » applicable à tous.

Avant de choisir une formation, vérifiez :

  1. la catégorie exacte dans laquelle vous souhaitez vous inscrire.
  2. le niveau de capacité exigé.
  3. la recevabilité du diplôme ou de l’expérience.
  4. la présence de l’organisme sur les listes officielles lorsqu’une certification est requise.

La validation des acquis de l’expérience peut aussi permettre d’obtenir une certification lorsque les expériences sont liées au diplôme visé. Le parcours France VAE ne fixe plus de durée minimale générale, mais l’éligibilité dépend de la certification.

Les étapes pour s’installer comme CGP indépendant

1. Définir précisément son offre

Listez les prestations que vous souhaitez proposer : conseil sur des instruments financiers, assurance-vie, crédit, immobilier, accompagnement budgétaire ou organisation patrimoniale. Cette cartographie détermine les statuts, formations, assurances et associations nécessaires.

Un échange de présentation ou une information générale ne se confond pas automatiquement avec un conseil réglementé. En revanche, une recommandation personnalisée sur un instrument financier, un contrat d’assurance ou un crédit peut déclencher des obligations spécifiques.

2. Choisir sa structure juridique

Le « statut CGP » n’existe pas en droit des sociétés. Le professionnel choisit une structure juridique, puis obtient les habilitations adaptées.

StructurePoints à examinerPoints de vigilance
SASUPrésident assimilé salarié lorsqu’il est rémunéré, fonctionnement soupleCoûts sociaux et administratifs à simuler selon la rémunération
EURLGérant associé unique généralement travailleur non salarié, options fiscales selon la situationProtection sociale et fiscalité différentes de la SASU
Entreprise individuelleCréation et fonctionnement plus simples, séparation automatique des patrimoines personnel et professionnelExceptions à la protection du patrimoine, notamment pour certaines dettes fiscales ou sociales
Micro-entrepriseRégime fiscal et social simplifié de l’entreprise individuellePlafond de chiffre d’affaires, déduction des charges réelles impossible dans le régime micro

Aucune structure n’est systématiquement « la meilleure » pour un CGP. Le choix dépend de la rémunération envisagée, des charges, de la protection sociale, de la fiscalité et du développement prévu. Un expert-comptable ou un professionnel du droit peut comparer les scénarios.

3. Réunir les conditions professionnelles

Selon les catégories retenues, il faut notamment prévoir :

  • le justificatif de capacité professionnelle.
  • la réussite à l’examen AMF pour les personnes concernées par le statut CIF.
  • une assurance de responsabilité civile professionnelle lorsque celle-ci incombe directement à l’intermédiaire.
  • l’adhésion à une association professionnelle agréée par l’AMF pour le CIF.
  • l’adhésion à une association agréée par l’ACPR pour les courtiers et mandataires de courtiers IAS ou IOBSP concernés.
  • une garantie financière lorsqu’elle est requise en raison du maniement de fonds.

Pour le contrôle d’honorabilité, l’ORIAS interroge directement le casier judiciaire national afin d’obtenir le bulletin n°2. Le candidat ne fournit normalement pas un bulletin n°3.

4. S’immatriculer à l’ORIAS

L’immatriculation ORIAS doit être obtenue avant d’exercer les activités réglementées relevant des catégories concernées. Elle n’interdit pas de préparer son projet, son site ou son réseau en amont, mais aucune recommandation personnalisée ni distribution de produit réglementé ne doit être réalisée sans les habilitations nécessaires.

Une fois le dossier complet reçu, l’ORIAS dispose d’un délai réglementaire maximal de deux mois pour se prononcer. La durée totale du projet dépend aussi de la formation, de l’examen AMF, de l’adhésion professionnelle et de la création de la structure.

L’immatriculation doit ensuite être renouvelée chaque année, entre le 1er et le 31 janvier, pour chacune des catégories.

💶Au 29 juillet 2026, les frais ORIAS sont de 25 € par catégorie d’inscription. Pour un CIF, une contribution annuelle de 450 € au contrôle de l’AMF est également perçue via l’ORIAS. Les cotisations d’association, la RCP et les éventuelles autres contributions s’ajoutent à ces montants.

Les tarifs des associations évoluent. Consultez directement les barèmes ANACOFI, CNCGP ou CNCEF avant de construire votre budget plutôt que de reprendre un montant ancien.

5. Définir son modèle de rémunération

Le modèle de rémunération doit être présenté clairement au client.

Un CIF peut facturer des honoraires. Lorsqu’il fournit un conseil en investissement sur une base non indépendante, il peut aussi percevoir certaines rétrocessions sous réserve de respecter les règles de transparence et d’amélioration de la qualité du service.

Lorsqu’un conseil est présenté comme indépendant, les rémunérations ou avantages monétaires reçus de tiers ne peuvent pas être conservés : ils doivent être reversés au client. La facturation d’honoraires ne suffit donc pas, à elle seule, à rendre toutes les prestations d’un cabinet « indépendantes » au sens réglementaire.

Il n’existe pas de grille officielle permettant d’associer un revenu personnel fiable à un nombre d’années d’expérience. Il faut distinguer :

  • le chiffre d’affaires du cabinet.
  • les encours conseillés ou suivis.
  • les honoraires et rétrocessions.
  • les charges réglementaires et commerciales.
  • la rémunération réellement versée au dirigeant.

Les données de l’AMF décrivent l’activité économique des entités CIF, pas un salaire individuel garanti. De même, aucun seuil universel d’encours ne permet d’affirmer qu’un cabinet peut « vivre confortablement » à partir de 5 ou 8 millions d’euros.

Construisez plutôt un prévisionnel à partir des honoraires réellement facturables, des taux de rémunération négociés avec les partenaires, des coûts fixes et du rythme de collecte attendu. Pour une SASU, les cotisations du président rémunéré doivent être simulées selon sa rémunération. Appliquer un taux unique au chiffre d’affaires serait trompeur.

6. Trouver ses premiers clients

Avant l’immatriculation, vous pouvez préparer votre acquisition sans commencer à conseiller. Définissez le type de clients que vous souhaitez accompagner, le besoin auquel vous répondez et la manière dont vous présenterez votre activité.

Vous pouvez ensuite :

  • préparer une présentation courte et compréhensible de votre offre.
  • identifier les personnes de votre réseau susceptibles de vous recommander.
  • rencontrer des notaires, experts-comptables et avocats qui accompagnent une clientèle proche de la vôtre.
  • publier une présence professionnelle claire en ligne.
  • préparer un suivi simple des contacts et des rendez-vous.

Les bilans comprenant une recommandation personnalisée doivent toutefois attendre l’obtention des habilitations nécessaires.

Au lieu de viser un nombre arbitraire de contacts ou de rendez-vous, suivez quelques indicateurs simples :

  • prises de contact.
  • rendez-vous obtenus.
  • recommandations reçues.
  • propositions acceptées.
  • revenu récurrent généré.

Les notaires, experts-comptables et avocats peuvent devenir des prescripteurs pertinents lorsque vos expertises et vos clientèles sont complémentaires.

Mon Conseiller Patrimoine publie des profils professionnels dont l’inscription ORIAS est contrôlée. Un particulier peut envoyer depuis un profil une demande de contact vérifiée et accompagnée d’un motif.

La plateforme améliore la visibilité du conseiller et contextualise le premier échange. Elle ne garantit toutefois ni le volume des demandes, ni leur conversion, ni une qualification financière complète du prospect. Les fonctionnalités disponibles dépendent de l’offre professionnelle choisie.

Un site clair, une fiche Google Business Profile et des contenus pédagogiques peuvent améliorer la visibilité d’un cabinet. Les résultats dépendent du positionnement, de la qualité des contenus et de la régularité des actions menées.

Choisissez une cadence soutenable, puis mesurez les impressions, les clics, les demandes de contact et les conversions. Le meilleur canal est celui que vous pouvez alimenter régulièrement et dont vous mesurez réellement les résultats.

Checklist avant le premier conseil réglementé

  1. Les services proposés et les statuts correspondants sont clairement définis.
  2. La capacité professionnelle et, le cas échéant, l’examen AMF sont validés.
  3. La structure juridique est créée et assurée.
  4. Les adhésions professionnelles requises sont actives.
  5. Les catégories ORIAS nécessaires sont immatriculées.
  6. Les documents d’entrée en relation, lettres de mission et procédures de conformité sont prêts.
  7. Le modèle de rémunération est expliqué clairement au client.

FAQ

Peut-on devenir CGP sans diplôme ?

Oui, certaines capacités professionnelles peuvent être justifiées par une formation ou une expérience adaptée. Les conditions varient selon le statut et la catégorie. Pour le CIF, l’examen AMF constitue une exigence distincte pour les personnes concernées.

L’inscription ORIAS est-elle obligatoire avant un premier rendez-vous ?

Elle est obligatoire avant d’exercer les activités réglementées relevant des catégories CIF, IAS ou IOBSP. Un rendez-vous de présentation ou la remise d’informations générales peut avoir lieu en amont, mais pas une recommandation personnalisée ni la distribution d’un produit réglementé sans habilitation.

Combien de temps faut-il pour s’installer ?

Il n’existe pas de moyenne officielle de six ou douze mois. À compter de la réception d’un dossier complet, l’ORIAS dispose d’un délai réglementaire maximal de deux mois. La préparation du diplôme ou de la formation, l’examen AMF, l’association et la création de la structure s’ajoutent en amont.

Quel revenu peut espérer un CGP indépendant ?

Aucun salaire fiable ne peut être déduit de la seule ancienneté ou du montant des encours. Le revenu dépend du chiffre d’affaires, des charges, du statut juridique, des honoraires, des rétrocessions autorisées et de la rémunération choisie par le dirigeant.

Quand renouveler son inscription ORIAS ?

La demande de renouvellement doit être réalisée chaque année entre le 1er et le 31 janvier, pour chaque catégorie d’inscription.

Sources

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