Plus-values sur cessions de titres : comment les déclarer en 2026 ?
Ceci n'est pas un conseil en investissement. Les informations présentées sont à titre informatif uniquement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Vous avez vendu des actions, des parts de fonds ou d'autres titres en 2025 ? La déclaration 2026 ne se limite pas toujours à recopier un chiffre transmis par votre banque. Selon les opérations réalisées, vous devrez peut-être vérifier l'imprimé fiscal unique, reporter une plus-value ou une moins-value dans la déclaration 2042-C, compléter une annexe 2074, ou suivre vos moins-values pour les années suivantes.
Le sujet est technique, mais il devient beaucoup plus clair dès que l'on distingue trois questions : la plus-value est-elle imposable ? qui l'a calculée ? et avez-vous intérêt à rester au prélèvement forfaitaire unique ou à choisir le barème progressif ? C'est cette logique qu'il faut garder en tête avant de valider votre déclaration.
Quelles cessions de titres sont concernées ?
Les plus-values mobilières concernent les gains réalisés lors de la vente de valeurs mobilières et de droits sociaux dans le cadre de la gestion de votre patrimoine privé. En pratique, cela vise notamment les actions détenues sur un compte-titres ordinaire, certaines obligations, des parts de SICAV ou de FCP, des droits sociaux ou encore certaines opérations assimilées à une cession, comme des rachats de parts de fonds.
Toutes les opérations ne sont pas traitées de la même manière. Les gains réalisés dans un PEA ou un PEA-PME sont en principe imposables en cas de retrait ou de rachat avant cinq ans, sauf cas particuliers, notamment certains retraits affectés dans les trois mois à la création ou à la reprise d'une entreprise. Après cinq ans, le PEA ou le PEA-PME ouvre en principe droit à une exonération d'impôt sur le revenu, sous réserve de règles particulières, par exemple pour certaines obligations remboursables en actions non cotées détenues dans un PEA-PME. Il ne faut donc pas mélanger le compte-titres ordinaire, le PEA, les actifs numériques ou l'assurance-vie : chacun suit ses propres règles déclaratives.
Comment se calcule une plus-value mobilière ?
Le principe paraît simple : la plus ou moins-value correspond en principe à la différence entre le prix de cession, diminué des frais et taxes de cession, et le prix d'acquisition ou de souscription, éventuellement majoré des frais d'acquisition retenus selon les règles applicables. Si vous vendez 12 000 euros des titres achetés 9 500 euros, avec 50 euros de frais de cession et sans autre frais retenu, la plus-value brute est de 2 450 euros.
Dans la majorité des situations simples, votre établissement financier calcule ces montants et vous fournit un imprimé fiscal unique. Ce document est précieux, mais il ne dispense pas de contrôle. Une erreur de prix d'acquisition, un transfert de titres, une opération sur titres ou un compte ouvert à l'étranger peut rendre le calcul incomplet. Si votre intermédiaire n'a pas déterminé toutes vos plus-values ou moins-values, vous devez reprendre le calcul dans une déclaration 2074.
Un autre point mérite attention : si les titres cédés ont donné droit à certaines réductions d'impôt à la souscription, notamment des dispositifs de souscription au capital de PME, le prix d'acquisition retenu pour calculer la plus-value peut devoir être diminué du montant de l'avantage fiscal obtenu. Le gain imposable peut alors être plus élevé que ce que vous auriez intuitivement calculé.
PFU, barème progressif et taux 2026
Pour les plus-values réalisées depuis le 1er janvier 2018, l'imposition s'applique par défaut au prélèvement forfaitaire unique. La page de l'administration fiscale consacrée aux plus-values mobilières, mise à jour en avril 2026, présente pour les revenus 2025 un taux global de 31,4 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. Comme certaines notices déclaratives 2026 peuvent encore mentionner un taux de prélèvements sociaux de 17,2 % pour des lignes proches, le bon réflexe est de vérifier le taux effectivement affiché dans votre déclaration en ligne et sur l'avis d'impôt.
Ce taux forfaitaire a un avantage : il simplifie le traitement fiscal et évite que le gain soit imposé à votre tranche marginale. Mais il n'est pas toujours optimal. Vous pouvez opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu en cochant la case 2OP. Cette option est globale : elle concerne l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières entrant dans son champ, pas seulement une ligne que vous choisiriez isolément.
Le barème peut être intéressant pour certains foyers faiblement imposés, ou lorsque des titres acquis avant le 1er janvier 2018 ouvrent droit à un abattement pour durée de détention. À l'inverse, pour un contribuable déjà dans une tranche marginale élevée, le PFU reste souvent plus lisible. La comparaison doit intégrer les prélèvements sociaux, qui s'ajoutent dans les deux scénarios.
| Situation | Réflexe déclaratif |
|---|---|
| Votre banque a calculé une opération simple | Vérifier l'IFU et reporter le résultat dans la 2042-C, notamment case 3VG pour une plus-value nette ou 3VH pour une moins-value nette, selon la situation |
| Calcul incomplet, courtier étranger ou opération particulière | Utiliser la 2074 pour déterminer les plus-values ou moins-values à reporter |
| Plus-values et moins-values à compenser | Utiliser la 2074-CMV lorsque l'annexe est nécessaire pour la compensation et le suivi |
| Option pour le barème progressif | Cocher 2OP et vérifier l'effet sur tous les revenus de capitaux mobiliers concernés |
Quand faut-il remplir la déclaration 2074 ?
La déclaration 2074 n'est pas systématique. Si votre établissement bancaire ou financier a calculé entièrement votre plus-value ou votre moins-value, et que votre situation entre dans les cas simples admis par l'administration, vous pouvez généralement reporter directement le résultat dans la 2042-C. Les totaux issus de la 2074, lorsqu'elle est nécessaire, sont ensuite reportés dans la rubrique des plus-values et gains divers de la déclaration annuelle.
La 2074 devient nécessaire notamment lorsque vous calculez vous-même vos plus-values ou moins-values, lorsque l'établissement financier n'a pas tout calculé, ou lorsque vous demandez l'abattement renforcé pour durée de détention. Pour l'abattement de droit commun sur des titres acquis avant 2018 et déjà calculés par la banque, la 2074-CMV peut être l'annexe adaptée. La 2074 est aussi fréquente quand les opérations passent par plusieurs intermédiaires, par un courtier étranger, ou portent sur des titres ayant ouvert droit à certaines réductions d'impôt à la souscription.
La 2074-CMV a un rôle plus ciblé : elle sert à gérer la compensation entre plus-values et moins-values et le suivi des moins-values antérieures. Si vous avez vendu plusieurs lignes avec des gains et des pertes, ce formulaire peut devenir indispensable pour éviter de perdre un droit à imputation.
Comment déclarer une moins-value ?
Une moins-value mobilière n'est pas déductible de votre revenu global. Elle ne réduit pas vos salaires, vos pensions ou vos revenus fonciers. Elle s'impute uniquement sur des plus-values de même nature imposables.
Si vous avez réalisé à la fois des plus-values et des moins-values en 2025, les moins-values de l'année peuvent venir réduire les plus-values de l'année. Si vous disposez aussi de moins-values reportables des dix années précédentes, l'administration indique qu'il faut d'abord imputer les moins-values de l'année, puis les moins-values antérieures en utilisant en priorité les plus anciennes.
Si, après compensation, il reste une moins-value nette, elle peut être reportée pendant dix ans et imputée sur de futures plus-values de même nature. C'est un point souvent négligé : même une année de pertes doit être correctement déclarée, car elle peut diminuer l'impôt dû lors d'une cession gagnante dans les années suivantes.
Exemple simple de déclaration
Imaginons un contribuable qui vend en 2025 deux lignes détenues sur un compte-titres ordinaire. La première génère 3 000 euros de plus-value. La seconde génère 800 euros de moins-value. Il dispose aussi d'une moins-value reportable de 500 euros datant de 2022.
La logique consiste d'abord à compenser la moins-value 2025 avec la plus-value 2025. Le gain net tombe donc à 2 200 euros. Il peut ensuite utiliser sa moins-value reportable la plus ancienne, dans la limite du gain restant, ce qui ramène la plus-value imposable à 1 700 euros. Si le taux global de 31,4 % est celui retenu dans votre cas, l'impôt et les prélèvements sociaux théoriques représenteraient environ 534 euros. Si le taux affiché par votre déclaration diffère, c'est ce taux qu'il faut retenir pour estimer le montant final.
Cet exemple volontairement simple ne remplace pas le calcul détaillé de votre établissement ou de l'annexe 2074. Il montre surtout pourquoi le suivi des moins-values compte : sans historique fiable, vous risquez de payer de l'impôt sur une base trop élevée.
Les erreurs fréquentes à éviter
La première erreur consiste à croire que l'IFU est toujours complet. Il est souvent fiable pour un compte-titres tenu par une banque française, mais il peut être insuffisant après un transfert de portefeuille, un changement d'intermédiaire, une opération de gré à gré ou l'utilisation d'une plateforme étrangère.
La deuxième erreur est d'oublier les moins-values. Une perte doit être déclarée et suivie si vous voulez l'utiliser plus tard. À l'inverse, il ne faut pas l'imputer sur n'importe quel revenu : elle ne s'utilise que contre des plus-values mobilières de même nature.
La troisième erreur est de cocher 2OP sans simulation. L'option pour le barème progressif peut être favorable, mais elle est globale pour les revenus concernés. Elle peut donc améliorer le traitement d'une plus-value tout en dégradant celui de dividendes ou d'intérêts. Avant de choisir, vérifiez l'impact sur l'ensemble de votre déclaration.
Enfin, les comptes à l'étranger méritent une vigilance supplémentaire. Si votre courtier est situé hors de France, vous pouvez avoir à déclarer le compte en plus des plus-values. Sur ce point, notre article sur les revenus étrangers et la déclaration française peut vous aider à identifier les obligations connexes.
Quand se faire accompagner ?
Si vous avez vendu une seule ligne d'actions, que votre banque française a calculé le résultat et que vous n'avez aucune moins-value antérieure, la déclaration reste généralement accessible. Vous devez surtout vérifier les montants, le report dans la bonne rubrique et l'éventuel intérêt de l'option 2OP.
Un accompagnement devient utile dès que les opérations se multiplient : plusieurs comptes-titres, titres transférés, moins-values anciennes, titres non cotés, cessions de droits sociaux, dispositifs de réduction d'impôt à la souscription, départ à la retraite d'un dirigeant, PEA avant cinq ans ou courtier étranger. Dans ces cas, l'enjeu n'est pas seulement de remplir une case, mais de sécuriser le calcul et de conserver les bons justificatifs.
Ce qu'il faut retenir
Déclarer une plus-value mobilière en 2026 suppose d'abord de savoir si l'opération est imposable, puis de vérifier qui a calculé le résultat. Si votre banque a tout déterminé dans un cas simple, le report peut rester direct. Dès que le calcul devient incomplet, que les opérations se multiplient ou que des moins-values doivent être suivies, les annexes 2074 ou 2074-CMV deviennent centrales.
Le choix entre PFU et barème ne doit pas être automatique. La page de l'administration fiscale dédiée aux plus-values mobilières présente un taux global de 31,4 % pour les revenus 2025, mais certaines notices déclaratives imposent de rester attentif au taux effectivement appliqué. L'option 2OP peut parfois être pertinente, surtout pour certains foyers faiblement imposés ou certains titres anciens. Avant de valider, vérifiez aussi le calendrier : la déclaration papier doit être déposée au plus tard le 19 mai 2026, et les déclarations en ligne sont attendues les 21 mai, 28 mai ou 4 juin 2026 selon le département.
